AMAR SUNDY « Najma » A LA CROISEE DES CHEMINS
Amar Sundy a beaucoup sillonné l’Europe
avec Albert Collins et Albert King, après avoir passé six ans
sur les routes américaines aux côtés de James Cotton, Otis
Rush, Screaming Jay Hawkins et une bonne partie de la scène locale de
Chicago. Sur ce nouvel album, les titres totalement bluesy chantés en
anglais côtoient des mélodies inspirées de la culture berbère,
chantées en langue touareg. Les guitares ne sont pas sans rappeler le
toucher d’Albert Collins.
Issu d’une longue lignée de touaregs, Amar
Sundy est né au début des années 60, non loin de
Tamanrasset, dans le désert algérien. Très jeune, avec
sa famille, il rejoint la France. Cependant, en parallèle de ses études
secondaires, il commence à s’intéresser à la guitare.
A l’âge de 20 ans, il retourne dans son désert, à
la recherche de ses racines et redécouvre les couleurs, les parfums et
les rythmes de sa terre natale.
« Je suis né dans le désert au milieu des hommes fiers et invincibles, conscient, très tôt, de la force de la nature qui règle toutes choses. »
C’est en rencontrant un guitariste, virtuose du picking, que le jeune
musicien prend conscience de sa vocation. Il découvre ensuite les joies
et les galères des concerts dans le métro en compagnie de Diabolo
(qui deviendra ensuite harmoniciste de Jacques Higelin) et d’un autre
ami, Sundy, qui lui fait découvrir l’immense richesse du blues.
Amar se reconnaît dans cette musique black de bluesmen déracinés,
tout comme lui.
« Grâce à Sundy, j’ai trouvé ce que je cherchais sur le plan musical. Sa collection de disques et ses connaissances étaient encyclopédiques. Il m’a tout appris. Lorsque Sundy nous a quittés, j’ai pris son nom pour qu’il lui survive. »
Amar devient alors Amar
Sundy.
Au début des années 80, Amar (désormais) Sundy joue du
Chicago Blues dans les clubs du premier arrondissement de Paris : Baiser Salé,
Sunset, Duc des Lombards. On le voit aux côtés de Memphis Slim,
B.B. King.Il devient l'un des piliers de ces endroits légendaires. C'est
sur ces scènes de référence que naît le premier groupe
d'Amar Sundy.
En 1985, Jimmy Johnson le remarque et l’invite à Chicago. Il habite
alors au-dessus du Club « The Blues » et joue avec des légendes
telles que Sonny Land Slim, Sons of Blue, Otis Rush, Big time Sarah, John Littlejohn,
etc...
En 1989 il tourne, quatre mois durant, à travers les Etats Unis avec
le James Cotton Band.
S‘ensuivent deux tournées européennes avec Albert King,
qui lui donne le surnom de « Fils du Mississipi ». A Paris,
il entame une série de concerts et ouvre pour Dee Dee Bridgewater et
B. B. King. Les dates s’enchaînent avec Albert Collins, Screaùin'
jay Hawkins, Linda Hopkins, Ali Farka Touré, Lucky Peterson, Luther Allison
et Khaled.
1990 marque l’année de son premier album «
Hoggar-Chicago-Paris », enregistré live en studio.
Paco Sery, Etienne M’Bape, tiennent la rythmique.
Amar Sundy est auteur-compositeur et interprète
ses morceaux en français, anglais et touareg.
Il tourne alors, pendant 3 ans : festival de Jazz de Montréal, Francofolies
de Montréal, festival d’été de Québec, Arezzo
festival Italie, Barcelone Blues festival, Winston légende festival…
On le voit en première partie d’Albert King, Van Morrison, Robert
Plant ou Khaled.
En 1998 sort « Homme Bleu »
premier essai, après cinq ans d’expérimentation et de recherche
d’un style nouveau basé sur la fusion du Blues et des rythmes berbères.
La formation utilisée pour ce CD deviendra le « Amar
Sundy Band » et sera celle qui accompagnera l’artiste au
fil des ans. En 2000 paraît le premier album live du guitariste-chanteur.
Avec « Najma » qui
sort en Mai 2004 sur le label Dixiefrog, la maturité de cet alchimiste
des genres prend forme et sa longue quête vers un style définitivement
personnel, se concrétise avec talent.